ODECLICK

Archive pour le 14 novembre, 2017

Emmaüs

Posté : 14 novembre, 2017 @ 3:52 dans Compagnonnages | Pas de commentaires »

arcabas

 

« Ni le pain partagé ne se décrit, ni les yeux de Dieu ne font un spectacle. Ils sont clos, tournés vers le haut, en dedans. Visage outre la défiguration de la mort, qui commence à disparaître, puisqu’il commence d’être Lui pour nous. » (F.Boespflug)

 

« A mes risques et périls, je me suis déclaré peintre et c’est vrai que je peins dix heures par jour, deux cent cinquante jours par an. La centaine de jours inemployés est impartie aux errements, à la détresse, à la recherche obstinée d’un « conscience d’être » brusquement égarée, sans laquelle plus rien n’est possible, surtout pas l’élaboration passionnée et souvent hasardeuse de ces sortes de miroirs appelés œuvres d’art. »

ARCABAS

S’engager

Posté : 14 novembre, 2017 @ 2:14 dans Compagnonnages | Pas de commentaires »

 » S’ engager tout entier… La plupart n’engagent dans leur vie qu’une faible part, une part ridiculement petite de leur être, comme ces avares opulents qui passaient, jadis, pour ne dépenser que le revenu de leurs revenus… La damnation ne serait-elle pas de se découvrir trop tard, beaucoup trop tard, après la mort, une âme absolument inutilisée, encore soigneusement pliée en quatre et gâtée comme certaines soies précieuse, faute d’usage ? Quiconque se sert de son âme, si maladroitement qu’on le suppose, participe aussitôt à la vie universelle, s’accorde à son rythme immense… »

BERNANOS

mainsnb

 

Il y eut…

Posté : 14 novembre, 2017 @ 2:10 dans Graines d'écrits | Pas de commentaires »

« Pour annoncer le commencement de quelque chose, on parle toujours du premier jour, alors que c’est la première nuit qui devrait compter, c’est elle qui est la condition du jour, le jour serait éternel s’il n’y avait pas la nuit.  » (José Saramago). « Il y eut un soir, il y eut un matin »… premier jour… deuxième jour… La nuit est mère de tout, les ténèbres vont permettre à la lumière d’éclater. Évoquons la rupture du ramadan, les nuits de la naissance et de la résurrection du Christ pour les chrétiens, nuit incontournable, annonce du jour qui vient. Et quelle impertinence de voir que le Ressuscité est fils de la nuit puisque accueilli par des bergers, des nuitards, des mis à l’écart, qui sont les seuls à veiller. La nuit est le lieu du silence mais en même temps celui du cri…. Cri de jouissance, cri de souffrance, cri de naissance, cri d’agression, feulement de bagarres de chats… On entend mieux, les sons ne sont pas aussi brouillés que le jour… la nuit c’est le lieu de la proximité physique où l’on se tend les uns vers les autres pour mieux s’entendre, où l’on se « déshabille », où l’on quitte son masque social de la journée, pour entrer dans un espace qui ne laisse pas indifférent : on se quitte, on s’aime, on tue, on prie, on abandonne, on se prostitue… La nuit est aussi le monde de la dépense, de chiffres d’affaires, un monde de fric pas forcément très propre. Il y a les nuitards du dehors, et puis ceux du dedans qui font rentrer le dehors chez eux par la télévision. Ce sont des nuitards clandestins en quelque sorte, qui se créent un ailleurs sans mesure, une illusion de la diversion. Mais de toute manière, la nuit n’est anodine pour personne. Car c’est un lieu de rencontre : avec d’autres ou avec soi-même, et qui peut faire du bien comme elle peut faire du mal. La lumière de la nuit met les visages à nu. La nuit est là : « Il y eut un soir »…. La nuit renvoie à la création. La nuit peut renvoyer à la chambre noire du photographe où ces termes techniques de « lumière », « foyer », « révéler », « ouverture », « développer » peuvent, comme le dit C.Bobin, « être sortis de la chambre noire et rendre une autre clarté dans un ouvrage de méditation – autant dire dans l’amour ».

Il y a quelque chose de pire…

Posté : 14 novembre, 2017 @ 1:47 dans Compagnonnages | Pas de commentaires »

« Il y a quelque chose de pire que d’avoir une mauvaise pensée. C’est d’avoir une pensée toute faite. Il y a quelque chose de pire que d’avoir une mauvaise âme et même de se faire une mauvaise âme. C’est d’avoir une âme toute faite. Il y a quelque chose de pire que d’avoir même une âme même perverse. C’est d’avoir une âme habituée….

On n’a jamais vu mouiller ce qui était verni, on n’a pas vu traverser ce qui était imperméable, on n’a pas vu tremper ce qui était habitué… Les « honnêtes gens » ne mouillent pas à la grâce. C’est que précisément les plus honnêtes gens, ou simplement les honnêtes gens, ou enfin ceux qu’on nomme tels, n’ont point de défauts eux-mêmes dans l’armure. Ils ne sont pas blessés. Leur peau de morale, constamment intacte, leur fait un cuir et une cuirasse sans faute.

 Ils ne présentent pas cette ouverture que fait une affreuse blessure, une inoubliable détresse, un regret invincible, un point de suture éternellement mal joint, une mortelle inquiétude, une invincible arrière-anxiété, une amertume secrète, un effondrement perpétuellement masqué, une cicatrice éternellement mal fermée…

Parce qu’ils ne sont pas blessés, ils ne sont pas vulnérables. Parce qu’ils ne manquent de rien, on ne leur apporte rien. Parce qu’ils ne manquent de rien, on ne leur apporte pas ce qui est tout…. »  C.PEGUY

 

Rouault Les bourgeoisrouault4

 

 

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