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Archive pour novembre, 2018

Brumes automnales à Port-Launay

Posté : 24 novembre, 2018 @ 10:34 dans Formes sensibles | Pas de commentaires »

 

 

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A la joie par la joie

Posté : 22 novembre, 2018 @ 3:47 dans Graines d'écrits | Pas de commentaires »

 

«  Qu’on donne ample liberté de sauter, courir et crier à cœur joie. La gymnastique, la musique, la déclamation, le théâtre, les sorties favorisent puissamment la discipline et la bonne santé soit physique, soit morale  » Don Bosco à ses éducateurs en 1877.

Loin d’être un thème « ringard », le thème de la joie fait actuellement l’objet de réflexions approfondies de la part de plusieurs philosophes, disciples de Spinoza… Quant à la consigne de Don Bosco, elle n’est pas du tout naïve, si on se rappelle que la joie ne consiste certainement pas en un contentement béat devant la réalité. Qui comprendrait le « Soyez joyeux ! » de cette façon finirait par ressembler à une statue de cire du musée Grévin, certes toujours souriante, mais manquant singulièrement de lucidité, d’émotions et de sentiments ! Il n’est de vraie joie que celle qui, courageusement, prend en compte ses aspects tragiques et absurdes que dans ses côtés gratifiants. Est-ce que la joie a quelques rapports avec le plaisir ? Bien sûr ! Mais la joie ne saurait résider dans l’accumulation de plaisirs ponctuels. Certes, avoir suffisamment de plaisir est, le plus souvent, une condition pour devenir joyeux, car le plaisir est comme une fête du corps, qui renforce la conviction que la vie « vaut le coup d’être vécue ». Cependant, chacun l’a expérimenté, on peut devenir triste de connaître tel ou tel plaisir, si celui-ci est source d’aliénation ; pensons par exemple au plaisir que procure la boisson à une personne alcoolique. La joie ne doit pas être confondue avec le bonheur. Ce dernier terme évoque, en effet, un état stable et gratifiant dans lequel toutes les aspirations de la personne à la liberté, à la bonté, à la sagesse, etc., seraient enfin réalisées. La joie, quant à elle, traduit une expérience de vie, beaucoup plus fragile et temporaire. Même si elle peut durer de longues périodes, elle n’installe pas la personne dans un état de béatitude proche de celui que l’on peut deviner sur les statues de Bouddha. La joie est souvent mouvementée. En tout cas, elle est mouvement et ne protège nullement des tempêtes de la vie.Pour mieux le comprendre, il suffit de regarder des amis qui préparent un grand voyage touristique à l’étranger, et qui le racontent par la suite. La préparation de l’expédition apparaît déjà toute marquée de moments joyeux, comme si les plaisirs futurs de la découverte rejaillissaient de façon anticipée sur l’expérience présente. Certes, chacun des futurs voyageurs sait qu’il risque « d’en baver » par moments. Mais ce n’est pas pour lui déplaire ! Il saura mieux ainsi qui il est vraiment. Et de fait, lors du retour, le récit du périple se fait parfois lyrique, racontant les joies multiples qui ont été expérimentées : joies de la découverte d’une autre culture, d’un autre environnement ; joies des exploits physiques réalisés, des liens amicaux approfondis, des obstacles vaincus… On le voit clairement à travers cet exemple, la joie n’est pas simplement au terme du voyage réussi, comme un fruit des efforts consentis. Elle est présente dès le début, au point de motiver la décision de prendre les risques de la découverte, et de soutenir les voyageurs tout au long du parcours, malgré les inévitables moments pénibles.La joie est ce qui surgit quand on a réussi à faire croître l’humanité en soi-même et en autrui. Elle est un véritable aliment du désir en son surgissement et en son déploiement. Tout en apaisant la personne, elle creuse encore davantage son envie de devenir un homme ou une femme libres. Elle s’exprime dans toutes les dimensions de l’être, provoquant souvent une sorte de détente du corps, au point parfois que les larmes viennent à jaillir ! Mais, parce qu’elle ne se réduit pas à des sensations corporelles, elle peut tracer son chemin même par delà les expériences de souffrances physiques ou psychiques, et jusque dans les conflits interpersonnels ou sociaux. Les personnes qui vivent une forte joie s’écrient parfois : « C’est trop ! ». Comment comprendre cela ? C’est le signe que la joie ne se conquiert pas de vive force, mais qu’elle est expérience de gratuité, voire d’excès. Elle s’empare de nous, dépassant nos attentes, et nous ouvrant à une sorte d’au-delà de l’instant présent.

(d’après X.Thévenot)

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Chats pitres

Posté : 22 novembre, 2018 @ 3:27 dans Compagnonnages | Pas de commentaires »

« Poils doux ? Oreilles en pointes ? Pattes de velours ? Roméo, Rambo, matou, gros minet, minou, mistigri ou raminagrobis… chat de gouttière et chats siamois, chatte noire, et persan échevelé… C’est bien vrai, nous sommes félins pour les autres.

Car « Les gens qui aiment les chats évitent les rapports de force. Ils répugnent à donner des ordres et craignent ceux qui élèvent la voix, qui osent faire des scandales. Ils rêvent d’un monde tranquille et doux où tous vivraient harmonieusement ensemble. Ils voudraient être ce qu’ils sont sans que personne ne leur reproche rien.

Les gens qui aiment les chats sont habiles à fuir les conflits et se défendent fort mal quand on les agresse. Ils préfèrent se taire, quitte à paraître lâches. Ils ont tendance au repli sur soi, à la dévotion. Ils sont fidèles à des rêves d’enfant qu’ils n’osent dire à personne. Ils n’ont pas du tout peur du silence. Ils ne s’arrangent pas trop mal avec le temps qui passe, leur songe intérieur estompe les repères, arrondit les angles des années.

Les gens qui aiment les chats adorent cette indépendance qu’ils ont, car cela garantit leur propre liberté. Ils ne supportent pas les entraves ni pour eux-mêmes ni pour les autres. Ils ont cet orgueil de vouloir être choisis chaque jour par ceux qui les aiment et qui pourraient partir librement, sans porte fermée, sans laisse, sans marchandage. Et rêvent bien sûr que l’amour aille de soi, sans effort, et qu’on ne les quitte jamais. Ils ne veulent pas obtenir les choses par force et voudraient que tout soit donné.

Les gens qui aiment les chats, avec infiniment de respect et de tendresse, auraient envie d’être aimés de la même manière – qu’on les trouve beaux et doux, toujours, qu’on les caresse souvent, qu’on les prenne tels qu’ils sont, avec leur paresse, leur égoïsme, et que leur seule présence soit un cadeau. Dans le doute de pouvoir obtenir pour eux-mêmes un tel amour, ils le donnent aux chats. Ainsi cela existe. Ça console.

Les gens qui aiment les chats font une confiance parfois excessive à l’intuition. L’instinct prime la réflexion. Ils sont portés vers l’irrationnel, les sciences occultes. Ils mettent au-dessus de tout l’individu et ses dons personnels et sont assez peu enclins à la politique. Les tendances générales, les grands courants, les mouvements d’opinion, les embrasements de foule les laissent aussi circonspects que leur animal devant un plat douteux. Et si leur conviction les pousse à s’engager, une part d’eux-mêmes reste toujours observatrice, prête au repli dans son territoire intime et idéaliste, toujours à la frange, comme leurs compagnons, d’un pacte avec la société et d’un retour vers une vie sauvage dans l’imaginaire.

Les gens qui aiment les chats sont souvent frileux. Ils ont grand besoin d’être consolés. De tout. Ils font semblant d’être adultes et gardent secrètement une envie de ne pas grandir. Ils préservent jalousement leur enfance et s’y réfugient en secret derrière leurs paupières mi-closes, un chat sur les genoux.

À quoi penses-tu ?

À rien

Tu ne dis rien. Tu es triste ?

Oh, non !

Tu es fatigué ?

Non, je rêve, c’est tout.

Enfin, j’ai cru remarquer que les gens qui aiment les chats étaient souvent ainsi…

J’aime les chats.  »  (ANNIE DUPEREY)

Vulnérabilité

Posté : 22 novembre, 2018 @ 3:09 dans Compagnonnages | Pas de commentaires »

« Il y a quelque chose de pire que d’avoir une mauvaise pensée. C’est d’avoir une pensée toute faite. Il y a quelque chose de pire que d’avoir une mauvaise âme et même de se faire une mauvaise âme. C’est d’avoir une âme toute faite. Il y a quelque chose de pire que d’avoir même une âme même perverse. C’est d’avoir une âme habituée…. On n’a jamais vu mouiller ce qui était verni, on n’a pas vu traverser ce qui était imperméable, on n’a pas vu tremper ce qui était habitué… Les « honnêtes gens » ne mouillent pas à la grâce. C’est que précisément les plus honnêtes gens, ou simplement les honnêtes gens, ou enfin ceux qu’on nomme tels, n’ont point de défauts eux-mêmes dans l’armure. Ils ne sont pas blessés. Leur peau de morale, constamment intacte, leur fait un cuir et une cuirasse sans faute.

   Ils ne présentent pas cette ouverture que fait une affreuse blessure, une inoubliable détresse, un regret invincible, un point de suture éternellement mal joint, une mortelle inquiétude, une invincible arrière-anxiété, une amertume secrète, un effondrement perpétuellement masqué, une cicatrice éternellement mal fermée…

Parce qu’ils ne sont pas blessés, ils ne sont pas vulnérables. Parce qu’ils ne manquent de rien, on ne leur apporte rien. Parce qu’ils ne manquent de rien, on ne leur apporte pas ce qui est tout…. »  

PEGUY

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