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Archive pour la catégorie 'Compagnonnages'

Emotions

Posté : 2 janvier, 2018 @ 9:28 dans Compagnonnages | Pas de commentaires »

 

bissiere

 

 » Ma peinture est l’image de ma vie. Le miroir de l’homme que je suis, tout entier avec ses faiblesses aussi. Devant ma toile, je ne pense pas au chef d’œuvre. Je ne pense même pas au résultat. Je me berce d’histoires improbables et je mets des couleurs dessus. Ces couleurs et ces formes n’ont d’autre désir que d’être celle de mes rêves. De mes joies et de mes peines. Je vous les livre telles que je les ai créées. Je n’ai point honte de leurs faiblesses, ni d’orgueil de leurs réussites. Les unes paraissent aussi émouvantes que les autres… Mes tableaux ne veulent rien prouver, ni rien affirmer. Ils sont la seule façon en mon pouvoir de restituer des émotions indicibles autrement. Je peins pour être moins seul en ce monde misérable. «  (Bissière)

Roger Bissière, né le 22 septembre 1886 à Villeréal (Lot-et-Garonne) et mort le 2 décembre 1964 à Boissièrette (Lot), est un peintre français de la nouvelle École de Paris. Il est l’aîné de la génération des artistes qui font apparaître dans les années 1950 la peinture non figurative.

Mains et violoncelle

Posté : 2 janvier, 2018 @ 9:09 dans Compagnonnages | Pas de commentaires »

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Le retour du Prodigue – Rembrandt

« Si l’on veut avoir devant les yeux l’image idéale de ce que représentent les mains d’un violoncelliste, il faut aller au musée de l’Ermitage à Léningrad contempler le « Retour de l’enfant prodigue » peint par Rembrandt. Ces mains du père qui apparaissent au premier plan sont exactement celles d’un violoncelliste notamment parce qu’elles ne sont pas identiques. La main gauche est un peu plus grande  et plus tendue tandis que la droite reflète un calme spirituel. Or, bien que je sois droitier, ma main gauche est en fait plus grande, ce qui est dû tant à son contact direct avec les cordes, qu’à la tension et l’énergie nécessaires pour l’articulation des vibrato et des extensions.

Ma main droite est moins développée parce que les doigts ont moins d’efforts à faire individuellement, son activité est liée davantage à celle primordiale du bras. Comment Rembrandt a-t-il pu peindre de telles mains, je me le demande.

C’est exactement comme si un violoncelliste lui avait servi de modèle. »

Paul Tortelier, violoncelliste

Je dirai

Posté : 7 décembre, 2017 @ 1:46 dans Compagnonnages | Pas de commentaires »

 

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Vous le savez, mon Dieu.

J’ai aimé les baies, votre mer toujours recommencée, votre Soleil qui était devenu le mien, plusieurs de vos créatures, les mots, les livres, les ânes, le miel, les applaudissements dont j’avais honte, mais que je cultivais.

J’ai aimé tout ce qui passe. Mais ce que j’ai aimé surtout, c’est vous qui ne passez pas.

J’ai toujours su que j’étais moins que rien sous le regard de votre éternité et que le jour viendrait où je paraîtrais devant vous pour être enfin jugé. Et j’ai toujours espéré que votre éternité de mystère et d’angoisse était aussi une éternité de pardon et d’amour.

Je n’ai presque rien fait de ce temps que vous m’avez prêté avant de me le reprendre. Mais avec maladresse et ignorance, je n’ai jamais cessé, du fond de mon abîme, de chercher le chemin, la vérité et la vie.

(« Je dirai malgré tout que cette vie fut belle » de Jean d’ Ormesson)

Enfance

Posté : 19 novembre, 2017 @ 3:20 dans Compagnonnages | Pas de commentaires »

« Je t’aime : voilà tout son propos, et cela ne pouvait que donner un livre original, un livre d’écrivain. l’amour n’est rien d’original. l’amour n’est pas une invention d’auteur.

Il est avec son amour comme l’enfant devant le mur avec sa balle : il lance sa parole, la balle de parole lumineuse, le « je t’aime » enroulé sur lui-même, il la lance contre un mur éloigné de lui de tous les jours qu’il lui reste à vivre, il attend ensuite que la balle rebondisse, il la lance des milliers de fois, aucune ne revient jamais, il continue, toujours souriant, confiant : l’amour est à lui-même sa réponse.

Si quand même, il en dit un peu plus. Il dit : je t’aime et je suis désolé de t’aimer si peu, de t’aimer si mal, de ne pas savoir t’aimer. C’est que plus il s’approche de la lumière, et plus il se découvre plein d’ombres. Plus il aime et plus il se connaît indigne d’aimer et d’être aimé. C’est qu’il n’y a pas de progrès en amour, pas de perfection que l’on pourrait un jour atteindre. Il n’y a pas d’amour adulte, mûr et raisonnable. Il n’y a devant l’amour aucun adulte, que des enfants, que cet esprit d’enfance qui est abandon. L’âge additionne. L’expérience accumule. La raison construit. L’esprit d’enfance est toujours neuf, repart toujours aux débuts du monde, aux premiers pas de l’amour.  L’homme de raison est un homme accumulé, entassé, construit. L’homme d’enfance est le contraire : un homme fragile, enlevé de soi et renaissant dans la naissance de tout. Un imbécile, sûrement aux yeux de certains, qui joue à la balle.

… Un adulte n’a pas de temps à perdre à nourrir les oiseaux. »

 

Christian BOBIN

 

Boubat10

Emmaüs

Posté : 14 novembre, 2017 @ 3:52 dans Compagnonnages | Pas de commentaires »

arcabas

 

« Ni le pain partagé ne se décrit, ni les yeux de Dieu ne font un spectacle. Ils sont clos, tournés vers le haut, en dedans. Visage outre la défiguration de la mort, qui commence à disparaître, puisqu’il commence d’être Lui pour nous. » (F.Boespflug)

 

« A mes risques et périls, je me suis déclaré peintre et c’est vrai que je peins dix heures par jour, deux cent cinquante jours par an. La centaine de jours inemployés est impartie aux errements, à la détresse, à la recherche obstinée d’un « conscience d’être » brusquement égarée, sans laquelle plus rien n’est possible, surtout pas l’élaboration passionnée et souvent hasardeuse de ces sortes de miroirs appelés œuvres d’art. »

ARCABAS

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