ODECLICK

Archive pour la catégorie 'Compagnonnages'

Enfance

Posté : 19 novembre, 2017 @ 3:20 dans Compagnonnages | Pas de commentaires »

« Je t’aime : voilà tout son propos, et cela ne pouvait que donner un livre original, un livre d’écrivain. l’amour n’est rien d’original. l’amour n’est pas une invention d’auteur.

Il est avec son amour comme l’enfant devant le mur avec sa balle : il lance sa parole, la balle de parole lumineuse, le « je t’aime » enroulé sur lui-même, il la lance contre un mur éloigné de lui de tous les jours qu’il lui reste à vivre, il attend ensuite que la balle rebondisse, il la lance des milliers de fois, aucune ne revient jamais, il continue, toujours souriant, confiant : l’amour est à lui-même sa réponse.

Si quand même, il en dit un peu plus. Il dit : je t’aime et je suis désolé de t’aimer si peu, de t’aimer si mal, de ne pas savoir t’aimer. C’est que plus il s’approche de la lumière, et plus il se découvre plein d’ombres. Plus il aime et plus il se connaît indigne d’aimer et d’être aimé. C’est qu’il n’y a pas de progrès en amour, pas de perfection que l’on pourrait un jour atteindre. Il n’y a pas d’amour adulte, mûr et raisonnable. Il n’y a devant l’amour aucun adulte, que des enfants, que cet esprit d’enfance qui est abandon. L’âge additionne. L’expérience accumule. La raison construit. L’esprit d’enfance est toujours neuf, repart toujours aux débuts du monde, aux premiers pas de l’amour.  L’homme de raison est un homme accumulé, entassé, construit. L’homme d’enfance est le contraire : un homme fragile, enlevé de soi et renaissant dans la naissance de tout. Un imbécile, sûrement aux yeux de certains, qui joue à la balle.

… Un adulte n’a pas de temps à perdre à nourrir les oiseaux. »

 

Christian BOBIN

 

Boubat10

Emmaüs

Posté : 14 novembre, 2017 @ 3:52 dans Compagnonnages | Pas de commentaires »

arcabas

 

« Ni le pain partagé ne se décrit, ni les yeux de Dieu ne font un spectacle. Ils sont clos, tournés vers le haut, en dedans. Visage outre la défiguration de la mort, qui commence à disparaître, puisqu’il commence d’être Lui pour nous. » (F.Boespflug)

 

« A mes risques et périls, je me suis déclaré peintre et c’est vrai que je peins dix heures par jour, deux cent cinquante jours par an. La centaine de jours inemployés est impartie aux errements, à la détresse, à la recherche obstinée d’un « conscience d’être » brusquement égarée, sans laquelle plus rien n’est possible, surtout pas l’élaboration passionnée et souvent hasardeuse de ces sortes de miroirs appelés œuvres d’art. »

ARCABAS

S’engager

Posté : 14 novembre, 2017 @ 2:14 dans Compagnonnages | Pas de commentaires »

 » S’ engager tout entier… La plupart n’engagent dans leur vie qu’une faible part, une part ridiculement petite de leur être, comme ces avares opulents qui passaient, jadis, pour ne dépenser que le revenu de leurs revenus… La damnation ne serait-elle pas de se découvrir trop tard, beaucoup trop tard, après la mort, une âme absolument inutilisée, encore soigneusement pliée en quatre et gâtée comme certaines soies précieuse, faute d’usage ? Quiconque se sert de son âme, si maladroitement qu’on le suppose, participe aussitôt à la vie universelle, s’accorde à son rythme immense… »

BERNANOS

mainsnb

 

Il y a quelque chose de pire…

Posté : 14 novembre, 2017 @ 1:47 dans Compagnonnages | Pas de commentaires »

« Il y a quelque chose de pire que d’avoir une mauvaise pensée. C’est d’avoir une pensée toute faite. Il y a quelque chose de pire que d’avoir une mauvaise âme et même de se faire une mauvaise âme. C’est d’avoir une âme toute faite. Il y a quelque chose de pire que d’avoir même une âme même perverse. C’est d’avoir une âme habituée….

On n’a jamais vu mouiller ce qui était verni, on n’a pas vu traverser ce qui était imperméable, on n’a pas vu tremper ce qui était habitué… Les « honnêtes gens » ne mouillent pas à la grâce. C’est que précisément les plus honnêtes gens, ou simplement les honnêtes gens, ou enfin ceux qu’on nomme tels, n’ont point de défauts eux-mêmes dans l’armure. Ils ne sont pas blessés. Leur peau de morale, constamment intacte, leur fait un cuir et une cuirasse sans faute.

 Ils ne présentent pas cette ouverture que fait une affreuse blessure, une inoubliable détresse, un regret invincible, un point de suture éternellement mal joint, une mortelle inquiétude, une invincible arrière-anxiété, une amertume secrète, un effondrement perpétuellement masqué, une cicatrice éternellement mal fermée…

Parce qu’ils ne sont pas blessés, ils ne sont pas vulnérables. Parce qu’ils ne manquent de rien, on ne leur apporte rien. Parce qu’ils ne manquent de rien, on ne leur apporte pas ce qui est tout…. »  C.PEGUY

 

Rouault Les bourgeoisrouault4

 

L’art

Posté : 13 novembre, 2017 @ 1:46 dans Compagnonnages | Pas de commentaires »

L’ART EST TOUJOURS UNE LUTTE CONTRE LA BARBARIE

« Mes engagements ont toujours été « idéalistes » – travailler à faire en sorte que les choses aillent mieux sur terre, à ce qu’adviennent une meilleure fraternité, une plus grande égalité – mais l’idéalisme semblait obscène et imbécile à une époque soixante-huitarde où régnait l’idéologie et où l’on refusait la rigueur, la discipline, l’écoute de l’autre que tout idéalisme exige… alors on a cherché à confondre les termes… Finalement, c’est vrai, j’ai toujours eu davantage besoin d’idéal que de théorie ; les discours idéologiques, ça va un moment, et puis au détour d’une phrase, ça m’assèche le cœur, et je me méfie… »

Ariane MNOUCHKINE

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